Les relations entre frères et sœurs peuvent être compliquées à gérer pour les parents, surtout en cas de conflits. Pourtant, une règle importante à retenir est la suivante : ne prenez pas parti.
Cela semble simple sur le papier, mais en pratique, c’est souvent plus délicat. Comment rester neutre quand l’un de vos enfants semble clairement être l’agresseur, ou que l’autre paraît être la victime ? Quand un enfant fait mal physiquement à l’autre sous vos yeux, comment intervenir sans choisir un camp ?
Explorons ensemble comment mettre concrètement en place cette approche pour que chaque enfant puisse se sentir soutenu, tout en favorisant des relations positives et une résolution saine des conflits.
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Que signifie réellement « ne pas prendre parti » ?
Tout d’abord, dissipons un malentendu fréquent. Ne pas prendre parti ne signifie pas ignorer la situation ou tolérer un comportement inadéquat, surtout lorsqu’il y a agression physique. Cela ne veut pas dire non plus qu’il ne doit pas y avoir de limites ou de conséquences claires.
Ne pas prendre parti, c’est écouter chaque enfant, prendre en compte chaque point de vue et guider chacun d’entre eux, même quand l’un semble clairement responsable de la dispute. Chaque enfant mérite votre attention et votre soutien, même si la façon dont vous leur apportez cette guidance peut être différente selon leurs besoins.
Exemples concrets : comment ne pas prendre parti dans la vie réelle
Voici quelques exemples pratiques :
Scénario 1 : Prendre le jouet d’un autre enfant
Votre tout-petit arrache brutalement un jouet des mains de son frère ou de sa sœur plus jeune.
À éviter : « Rends-lui immédiatement ce jouet ! Sois gentil avec ton petit frère, tu vois bien qu’il pleure à cause de toi ! »
À privilégier : « Je vois que tu veux ce jouet, c’est normal, il est très intéressant. Mais on ne l’arrache pas. Tu peux demander à ton frère s’il accepte de te le prêter ou bien lui proposer un échange. Je suis sûr(e) que ton petit frère acceptera volontiers si tu lui demandes gentiment. Essayons ensemble. »
Tu peux également inclure le bébé dans l’interaction en lui disant : « Je comprends que ça ne t’a pas plu qu’il prenne ton jouet. Tu peux lui dire : « Je n’ai pas fini de jouer avec ça », pendant que je reste près de toi pour te réconforter. » Même si le bébé ne comprend pas complètement ce que vous dites, c’est important : vous montrez ainsi à l’aîné que chaque enfant a droit au respect, tout en posant des bases positives pour la communication future.
Scénario 2 : Insultes entre enfants
Votre enfant de 6 ans vient vers vous en pleurant parce que son frère ou sa sœur l’a traité(e) de « stupide ».
À éviter : « Combien de fois vais-je devoir te répéter qu’on ne traite pas son frère de stupide ? Ce n’est pas gentil, et je ne veux pas entendre ces mots dans cette maison ! »
À privilégier :
À l’enfant blessé : « Je comprends que ça t’ait blessé. Mais est-ce que tu penses vraiment que tu es stupide ? Non, bien sûr que non. Tu peux le dire directement à ton frère, calmement mais fermement. Essaie, ça peut te faire du bien. »
À l’enfant qui a insulté : « Je comprends que tu puisses être en colère ou agacé contre ton frère, ça arrive à tout le monde. Mais utiliser ce mot-là ne va pas l’aider à comprendre ce que tu ressens vraiment. Comment pourrais-tu lui exprimer ton ressenti autrement, sans utiliser des mots blessants ? »
Pourquoi cette approche est-elle bénéfique ?
En restant neutre mais ferme, vous apprenez à vos enfants à :Développer leur empathie en comprenant les ressentis des autres.S’exprimer clairement et écouter l’autre.Résoudre les conflits de manière autonome et constructive.Rappelez-vous : l’objectif n’est pas d’éliminer totalement les conflits entre frères et sœurs, mais plutôt de les aider à acquérirdes outils efficaces pour les résoudre positivement par eux-mêmes.En appliquant cette approche bienveillante et neutre, vous favorisez des relations fraternelles plus harmonieuses et une meilleure communication au sein de votre famille.
Comment prendre parti peut affecter la relation fraternelle
Lorsque les parents prennent parti lors des conflits entre frères et sœurs, cela peut perturber leur relation et aggraver les rivalités. Lorsqu’un enfant est régulièrement désigné comme étant « le problème » ou « l’instigateur » et l’autre comme « victime », une dynamique malsaine s’installe, affectant négativement les deux enfants. Celui perçu comme « victime » risque de se sentir impuissant, tandis que celui considéré comme « instigateur » risque de se sentir injustement jugé ou incompris. Aucun enfant ne bénéficie de ce scénario.En soutenant chacun de vos enfants, sans prendre parti, vous contribuez à créer un lien plus fort entre eux et à réduire progressivement les tensions.
Un dernier changement de mentalité important
Enfin, un changement essentiel d’état d’esprit : votre objectif en tant que parent n’est pas d’empêcher totalement les disputes entre frères et sœurs (cela serait impossible !), mais de leur apprendre à « bien se disputer ». Cela signifie leur transmettre des compétences en matière de communication, de négociation, d’inclusion et d’établissement de limites.Ces compétences renforceront non seulement leur relation fraternelle, mais les aideront aussi tout au long de leur vie, dans leurs relations amicales comme dans leurs futures relations adultes.
